
Hong Kong / Japon 2008
De Soi Pou Cheang
Avec Shawn Yue, Francis Ng,
Annie Liu, Bruce Leung, Pei Pei,
Dylan Kuo, Masato, Ishibashi Ryo
Au cours d'un déjeuner familial, Ryô Narushima (Shawn Yue) poignarde sauvagement ses parents, sous les yeux de sa sœur Natsumi. Le garçon, tout juste âgé de 16 ans, est condamné à 2 ans de prison dans un institut pour jeunes délinquants, où il devient le souffre douleur de ses co-détenus (viols, passages à tabac…) ainsi que du directeur (Ishibashi Ryo). Au bord de la rupture psychologique, il trouve cependant de l'espoir en la personne d'un maître de karaté atypique (Francis Ng) qui va lui enseigner les arts martiaux et lui redonner confiance en lui. Libéré, mais en proie à un chaos intérieur terrible, Ryô devient gigolo.Il passe sa vie à se battre et à rechercher sa sœur qui se prostitue, tout en caressant l’espoir de monter sur le ring du Letal Fight pour affronter le tenant du titre Sugawara Naoto (Masato, authentique combattant du K1 Max) et ainsi se venger de toutes les humiliations subies.

Néanmoins le Coq de combat de Soi Cheang reste malgré tout une œuvre atypique, brutale et éprouvante, qui en surprendra plus d’un.

Coq de combat et Ryô reflètent bien la réalité de ce monde, qui a prit l’amoralité pour modèle. Car Soi Cheang à travers sa mise en scène, compte bien dénoncer la média-manipulation du Bien et du Mal, dont les acteurs (parents, autorités, professeurs, médias…) en bafouent déjà les frontières déjà floues.
De nos jours, même les arts martiaux sont pervertis, que ce soit par l’argent et les excès en tout genre d’une société insatiable (voir les dérivés sanglants du free fight). De nos jours, l’absence d’honneur (rage, tricherie, stéroïdes), prévaut tant qu’il s’agit de victoire.

L’assassinat de ses parents en fait malgré lui le parfait étendard de tout ce que l’on rejette.
Antithèse de la noblesse des arts martiaux, corrompu par la société actuelle (son mentor l’encourage même à s’injecter des stéroïdes afin de parvenir à ses fins) Ryô en parfait anti-héros sème le chaos autour de lui. Qui a le malheur de l’aimer, finira détruit.
Les limites et le génie
On regrette certes que Soi Cheang n’ait pas plus étoffé l’aspect dramatique et psychologique de l’intrigue, en réduisant la durée du film, aux astreintes commerciales des 90 minutes. Il y a pourtant matière à approfondir des abysses aussi noires. S’attarder sur l’entourage sombre du héros, le mystérieux professeur de karaté (Francis Ng méconnaissable), la sœur de Ryô, la call girl amoureuse… . Toute une galerie dont la richesse psychologique est à peine ébauché (et avec beaucoup de génie d’où notre frustration !) faute de temps et de budget. Malgré tout, Shamo dans la veine de Dog Bite Dog, reste une satire sociale plutôt cinglante. Même adressée à un plus large public, le film n’a rien perdu de sa hargne.


Aller jusqu’au bout…

Probable humanisation de Ryô ? Ou est-ce nous, spectateur, qui venons d’ouvrir les yeux sur son humanité ? Latente depuis toujours ( soit pour nous : le début du film), mais que les à priori et son comportement asocial nous avait masqué.
En réalité Coq de combat s’adresse surtout à ceux que le mépris des autres a rendu fou, et qui finissent par se croire désespérément inhumains.
Alors ne laisser pas Ryô sombrer dans sa solitude et son désespoir.


Ce texte provient de whispering-asia, la copie intégrale est illicite!
2 commentaires:
SUPER blog,ne donne que plus envie de voir ce film.(CONTINUES COMME CA!!!!!)
Merci pour ton commentaire ! J'espère que ce film aura une suite.
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